Nous vous invitons à tester les circuits et à revenir nous voir régulièrement!

CIRCUIT 1 

2,2 kms - 1 heure

Des gaulois à l'enfant de choeur Pierrick

Rocher du Serpent - Penn Ar Pont


Rendez-vous au parking de l’ancien camping de Tréompan, au plus proche de la dune : à hauteur des panneaux d’information, positionnez-vous face à la mer et prenez immédiatement à droite, en longeant quasiment le grillage de cet ancien camping jusqu'à monter sur la petite colline. 

Votre position vous permet d’admirer un paysage magnifique, quelque soit la météo. Sur votre droite vous visualisez l'ancien camping de Tréompan. Ce site est désormais le terrain d'entraînement des jeunes VTTistes de Ploudalmézeau (association TO2P): nombre d'entre eux sont récompensés chaque année par leurs victoires sur les circuits officiels. C'est aussi ici qu'a lieu chaque début Juin le festival WADADA avec sa musique reggae, électro, musique du monde... Wadada signifie 'paix et amour' en langue amharique en Ethiopie. Ce festival a été primé dès sa première édition en 2017. 

En regardant vers l’intérieur des terres vous apercevez, de gauche à droite, le clocher de Lampaul -Ploudalmézeau (auquel on peut monter), les éoliennes de Plouguin, le clocher de Ploudalmézeau, le château d’eau panoramique de Ploudalmézeau. Autour de vous s’étend la dune dont on a extrait beaucoup de sable (ce qui explique en partie sa configuration) : à la fin de la 2ème guerre mondiale il fallait aider à la reconstruction de Brest, entièrement détruite : ainsi, du sable d’ici fait partie de très nombreuses maisons brestoises. une partie des trous ainsi créés a été comblée par l'enfouissement de certains déchets engendrés - y compris des bottes et des cirés - par le nettoyage de la gigantesque pollution créee par le pétrollier AMOCO CADIZ venu s'échouer sur les roches de Portsall en 1978 (cf circuit 3). Cette situation a été placée sous très haute surveillance par la municipalité. Ces masses ont été recouvertes de remblais qui contenaient des graines, donnant naissance à une nouvelle forme de végétation: des arbustes sont très clairement visibles.


Retournez-vous vers la mer et redescendez pour rejoindre le chemin côtier : une fois atteint ce chemin, prenez sur votre droite pour aller jusqu'au gros bosquet, le plus proche de la pointe, légèrement sur votre gauche donc. Vous découvrez 3 ilêts : de droite à gauche : BEC, ROSSERVO et CROS (appelée aussi "Motte de Beurre") . 

Par temps clair derrière BEC on voit le phare de l’île Vierge (Photo ci-dessous). D'une hauteur de 82,5 mètres, il est le plus haut phare d'Europe et le plus haut phare du monde bâti en pierre de taille!  L'île est accessible par bateau ou à pied par grande marée.

A marée basse, on peut observer ce qui reste du travail colossal réalisé par les gaulois, à droite de BEC et à gauche de ROSSERVO : en créant des murs de pierre pouvant atteindre 2 mètres de hauteur, ils ont ainsi créé des pêcheries. Sous forme de V inversé à droite de BEC et aussi sous formes de bassins à gauche de ROSSERVO, elles emprisonnaient le poisson à marée descendante. L’archéologue Hubert ARZEL a retrouvé des fragments de poteries (Photo ci-dessus) qu’il a pu faire dater 300 av. JC,, supportant des traces de sel suffisamment importantes précisant le mode de conservation du poisson. Il a également retrouvé des galets de forme ovoïde, notamment travaillés en leur milieu pour les entourer de cordage pour lester des filets que les Gaulois pouvaient par exemple poser dans le goulet entre ROSSERVO et CROS. Sur BEC et ROSSERVO restent les ruines d'une habitation de pigouliers (goémoniers), bien plus récentes (Photo ci-dessus à droite). L’archéologue affirme sans hésitation que le dôme principal de ROSSERVO abrite un cairn. Toutes ces observations sur l’existence de ces 2 pêcheries sont confirmées par des explorations aériennes. Qui plus est, des études terrestres du sous-sol de BEC montrent l’existence de murets. Compte-tenu de leur structure, ces ilêts n’ont aucune chance de survivre au phénomène de montée des eaux. 


Tout au long de la dune de la pointe de PENN AR PONT (ici on prononce «pénapone») on peut découvrir les restes des murs d'une habitation gauloise, mais aussi les vestiges d’une « déchetterie » où les chercheurs ont retrouvé des restes de coquillages (berniques) mais aussi des mâchoires de cervidés et des dents porcines démontrant que nos ancêtres ne se nourrissaient pas que de poissons… sans aucun doute aussi de sangliers comme le célèbre personnage de bande dessinée Obélix ! (nous ne précisons pas leur localisation pour préserver ces sites).  En revanche au milieu de cette pointe vous pouvez observer 3 anciens fours à goémon… sur la dune face à BEC… saurez-vous les découvrir ?


ROSSERVO fut aussi une vigie d’observation : depuis le IVe siècle nos côtes étaient menacées par des pirates (germaniques, normands, espagnols ou des envahisseurs tels les Anglais … il fut décidé de mettre en place des «corps de garde», composés d’une vingtaine de miliciens, hommes de 18 à 60 ans dont le clocher de paroisse était à moins de 2 lieues – 8 km – de la vigie, par cycle de 20 jours : ROSSERVO fut mis en place en 1763. Plus tard le mur de l’Atlantique fut édifié sur nos côtes par les Allemands pour dissuader les libérateurs… L’ensemble parfois mur de béton (visible à Kerdéniel) ou bunkers disséminés (visibles tout autour de Tréompan) sera évoqué plus précisément sur le CIRCUIT 2. Aujourd’hui ROSSERVO devient tous les 2 ans un lieu de compétition internationale où une vingtaine de sportifs de haut niveau, sélectionnés, s’affrontent lors d’une épreuve mythique de body board (Annaëlle Challenge) pour dompter l’impressionnant rouleau de vague qui s’enroule derrière l’île.  ROSSERVO, propriété privée jusqu’en 2018, est désormais propriété du Conservatoire du Littoral.


Quant à CROS, certains habitants la surnomment la « motte de beurre » : sa forme peut y faire penser effectivement et les anciens l’appelaient « Al Lur Aman » qui traduit du Breton donne : « la livre de beurre » … Et au milieu de Cros… un point blanc  jusqu'à mi Janvier dernier … Qu’était-ce ? Simplement, un panneau installé par un protecteur de la nature pour demander aux visiteurs de s’éloigner en période de reproduction des sternes (hirondelles des mers). Pendant des années cette « tache blanche » a suscité la curiosité des promeneurs, elle a disparu dès ce début 2019 … comment ??? Mystère !!! Yves-Marie, prof de surf à Penfoul, souligne que le panneau était quand même bien rouillé… le vent a-t-il eu raison de la tache blanche ? le mystère de cette tache étant désormais élucidé, vous pouvez maintenant vous concentrer sur la suite de sa balade … et vous n'allez pas être déçus! 

Avant de descendre sur la petite plage qui est devant vous, imaginez la surprise d’Yves KERJEAN (le grand-père de Jean-Yves KERJEAN, actuel entraîneur des footballeurs Arzelliz de Ploudalmézeau) lorsqu’il découvrit au début du XX° siècle, sur cette plage, une bouteille jetée à la mer depuis l’Amérique! elle contenait un message qui précisait l’adresse de « l’expéditeur » aux USA… Commence alors une correspondance entre l’Américain et le Ploudalmézien, et sur l'invitation d'Yves, l’Américain débarque à Ploudalmézeau. En remerciement de son accueil, l’homme du « nouveau monde » offre à Yves un rasoir électrique (appareil à l'époque extrèmement rare en France). De cette rencontre exceptionnelle reste une question sans réponse: Yves a-t-il pu utiliser ce rasoir de l’autre continent (en France les appareils électriques fonctionnaient au 110 volts alors qu’aux USA la norme était aux 170 volts) ??? Même Jean-Yves n’a pas la réponse, et après tout, l’essentiel est dans l’histoire (vraie!)

Après avoir bouclé le tour de la pointe, descendez sur la plage pour rejoindre le Rocher du Serpent …(photo ci-contre) cependant n’oubliez pas qu’un village existait à PENN AR PONT, où habitait un barbier qui se rendra célèbre en se mesurant au Seigneur de l’Ile Carn (cf circuit 3) : au passage, observez sur le sable le magnifique travail artistique des vers de sable appelés « arénicoles » … chacun peut y trouver un dessin à son goût d’un petit coeur de St Valentin jusqu’au style de Jean Cocteau ou Pablo Picasso… Profitez-en car ces œuvres sont éphémères.. elles durent le temps d’une marée ... Les arénicoles prennent une importance capitale dans la recherche médicale : leur hémoglobine permet en effet d’augmenter considérablement la conservation des organes humains destinés à être transplantés... Vous rejoignez le Rocher du Serpent proche du parking de départ de votre circuit : la légende raconte qu’un dragon importunait les jeunes filles du coin … un curé eut le courage de l’affronter, la lutte fut âpre et pour secourir le prêtre en grande difficulté, son enfant de choeur, le jeune Pierrick, eut l’idée d’asperger les yeux du monstre avec de l’eau bénite ce qui eut pour effet immédiat de pétrifier l’animal… Avec vos yeux, cherchez… le serpent ? Le dragon ? Notre photo du Rocher du Serpent (à visualiser au ras de la dune) montre clairement la tête du dragon … Alors alors ??? Il y a plusieurs siècles, le rocher avait pour nom « Karreg Ar Sarpant » et une traduction plus juste du breton de l’époque dit « le Rocher du Monstre », car effectivement sous le terme « Ar Sarpant » on regroupait tous les « monstres », autrement dit, du serpent au dragon … Ce rocher aurait donc pu s’appeler le « Rocher du Monstre » … Serpent pour les uns, Dragon en souvenir de Pierrick, chacun peut y faire son choix, entre légende et réalité c’est parfois à notre imagination de décider quand il n’y a pas de certitude … Quoi qu’il en soit après cette balade vous ne regarderez plus ces lieux de la même façon, ça c'est certain ! Vous êtes au terme de votre voyage… d’autres circuits aussi passionnants vous attendent !

                                                                    CIRCUIT 2 

3,5 kms - 1:30 heure ( Circuit en Jaune )

Du rocher du Serpent à celui du Lion via le mur de l'Atlantique, en se souvenant de Jacqueline, Bleuenn et Joséphine


Rocher du Serpent - Rocher du Lion

Rendez-vous au parking de l’ancien camping de Tréompan, celui qui est au plus proche de la dune : à hauteur des panneaux d’information positionnez-vous face à la mer et prenez le chemin de gauche qui va vous mener jusqu’au chemin côtier. 


Le chemin côtier est celui qui borde la dune, il est exclusivement réservé aux piétons (à certains endroits il ne supporterait pas le poids d’un cheval par exemple). Une fois que vous êtes suffisamment en hauteur et que vous apercevez la mer vous découvrez dans le paysage, de droite à gauche : l’ilêt de CROS en forme de motte de beurre d’où son surnom (cf circuit 1), à la pointe le rocher du Lion, à mi-étape de notre parcours, puis, derrière, l’Ile CARN et son cairn, et au large, le phare de Corn Carhai qui permet de situer l’échouage du pétrolier Amoco Cadiz. 

Vous marchez depuis 500 m : cet endroit de la dune est très particulier. En effet, quand les vents forts viennent du large, en se heurtant à la dune ils créent une colonne d’air sur 200 m environ. La pratique du « paradune » ou de l’aéromodélisme (autorisation nécessaire) devient alors possible.

Après 700m de marche sur le sentier côtier, nous passons devant cette grande bâtisse intrigante, rose, imposante, face à la grande plage de Tréompan. Dans les années 30, M. PONTOIS se trouvait sur cette plage, devant cette maison, quand des cris de joie attirèrent son attention ainsi que celle de « toute la plage ». Une jeune femme à la peau noire, se baignait dans les vagues en y prenant un grand plaisir manifesté par ces cris de joie, de bonheur … Elle n’était autre que Joséphine BAKER (information vérifiée) qui avait été invitée à passer quelques jours dans cette maison par son propriétaire, Bernard NATAN. Ce dernier est un personnage essentiel dans l’histoire du cinéma français (un DVD consacre son histoire). Il fit construire ce grand pavillon en 1931. Denoncé calomnieusement à l’occupant, ce juif Polonais mourut en déportation au camp d’ Auschwitz. 

Vous marchez depuis 500 m : cet endroit de la dune est très particulier. En effet, quand les vents forts viennent du large, en se heurtant à la dune ils créent une colonne d’air sur 200 m environ. La pratique du « paradune » ou de l’aéromodélisme (autorisation nécessaire) devient alors possible. 


Poursuivons notre marche sur le sentier pour 250 m encore: une petite descente... puis un petit pont en bois que nous traversons pour rejoindre un petit parking sablé. Sur notre droite, immédiatement après les panneaux d'information, un chemin de sable donne accès à la plage de Tréompan. De là rejoignons le rocher du Lion (photo ci-contre) : nous avons 2 possibilités pour monter sur le chemin côtier qui y mène : soit nous choisissons de passer par la cale de béton plutôt sur notre gauche  (et immédiatement à droite de cette cale se trouve le rocher du Crapaud du haut duquel les enfants adorent plonger à marée haute), c'est le chemin le plus accessible. L'autre possibilité est l’escalier du petit port, sur la toute petite plage, dite autrefois 'Plage Fortin' (quasiment en face, les petits bateaux à fond plat qui y sont adossés permettent de la repérer). A ce propos, au début du XX° siècle, on pouvait distinguer 3 « plages » à Tréompan : celle située vers Penn Ar Pont – entre le rocher du Serpent et la pointe – que se « réservaient » les locaux avec pour avantage de pouvoir se protéger du vent d’un côté ou de l’autre, la grande plage balayée par les vents pour les « touristes », et la toute petite dont nous venons de parler, plutôt réservée aux notables. 


Cette époque-là est révolue et tout en marchant nous arrivons au rocher du Lion pour une magnifique découverte et si nous le souhaitons un moment d’apaisement et de pensées libres. Un banc de bois est dédié à Jacqueline: asseyons-nous sur ce banc pour contempler le paysage … les cendres de Jacqueline ont été dispersées en mer devant nous et cette femme a tant marqué les esprits que sa famille y a installé ce banc : : au tout début des années 1960, Jacqueline sauva la vie d’une toute petite fille qui avait avalé sa médaille de baptême… cette petite fille, aujourd’hui correspondante de presse, en parle avec beaucoup d’émotion, comparable avec celle que ressent un monsieur qui y vient à scooter tous les jours avec son petit chien entre les jambes. Cet homme, c’est Augusto et il saura vous dire mieux que personne que Jacqueline était une femme formidable qui habitait une grande maison donnant sur la plage, celle où Joséphine séjourna … Il est temps de penser à Bleuenn, fillette de 11 ans à qui est dédié le mémorial au pied du banc. Les cendres de Bleuenn ont été dispersées aussi à cet endroit après que la maladie l’eut emportée … à l’endroit où elle faisait «ses plus beaux sourires». Maintenant que nous savons, nous pouvons avoir une pensée plus juste, plus douce…. Le mémorial de Bleuenn est notamment enjolivé de décorations à l’époque de Noël par une promeneuse des dunes … tout cela est très touchant et invite au respect.

Empruntons désormais notre trajet retour vers notre point de départ en traversant la plage jusqu’au rocher du Serpent. Nous allons repasser devant ces bunkers, vestiges de la seconde guerre mondiale, qui ne défigurent pas le paysage puisqu’ils sont des traces de notre Histoire … d’ailleurs il n’est pas exclu d’en profiter pour y prendre des photographies artistiques! Ces éléments de béton étaient partie prenante (tout comme d’autres sous vos pieds au rocher du Lion par exemple) du MUR DE L’ATLANTIQUE, composé de vrais murs (visibles à Kerdéniel ou encore à Trémazan face au port de Portsall) et de bunkers construits par les Allemands pour prévenir un éventuel débarquement des forces alliées, lequel aura lieu en Normandie. Juste au-dessus de ces bunkers, vous regarderez à nouveau la maison Natan où l’Etat-Major responsable de la construction de ce fameux mur était installé : il reste sur les portes des chambres de l’étage de la maison des numéros permettant d’attribuer les lieux aux officiers. A part ces numéros et la peinture verte des murs du salon du rez-de-chaussée, il n’y a plus aucune trace de cette occupation. Les matériels destinés à la construction de ce mur de l’Atlantique étaient entreposés sur l’actuelle place du Général de Gaulle à Ploudalmézeau … un clin d’oeil à notre Histoire! Progressivement nous arrivons au rocher du Serpent et à une cinquantaine de mètres avant le rocher un escalier en bois nous permet de remonter sur la dune et de rejoindre notre point de départ. Prenons le temps de monter sur le rocher du Serpent avant de repartir : la vue y est magnifique …!

CIRCUIT 3 

3kms - 1 heure 15 (Circuit en bleu)

Des mégalithes à la mini-jupe


Rocher du Lion  - Line Goun

Rendez-vous sur le petit parking de l’entrée de la plage de Tréompan : il se situe à gauche  avant la maison portant le N° 7 du Chemin des dunes si vous venez par exemple de Portsall, après à droite si vous venez plutôt du côté de Lampaul-Ploudalmézeau.  



Face à la mer vous pouvez passer quelques instants sur le banc installé à gauche de l’entrée de la plage : des yeux vous pouvez admirer et comprendre tout ce qui est décrit sur nos circuits 1 & 2. Rejoignez le rocher du Lion qui se trouve à la pointe, sur votre gauche quand vous regardez la mer. Avant d’accéder à la plate-forme du blockhaus juste avant ce rocher vous remarquez le banc dédié à Jacqueline et le petit mémorial pour Bleuenn (pour avoir une pensée juste et adaptée, bien comprendre ce qu’ils signifient, reportez-vous à la fin du circuit 2).


Face à la mer, à gauche du rocher du Lion, vous découvrez l’Ile Carn, première étape de notre balade. Suivez le sentier qui débute à gauche du rocher du Lion jusqu’à arriver face à l’île mystérieuse : pour vous y rendre, il est nécessaire d’avoir consulté les horaires des marées (compter 30 à 40 minutes aller-retour en plus du temps passé sur l’île). En effet il faut impérativement s’assurer que la marée est descendante, pour avoir assez de temps pour faire la promenade sur l’île et pouvoir revenir sans se retrouver coincé par la marée! Ne partez jamais sans votre portable au cas où.. Le chemin le plus simple (même simple, il est à déconseiller aux personnes à mobilité réduite) pour rejoindre Carn est de passer par la gauche où il y a un espace sableux très praticable. Le chemin droit devant est au contraire assez périlleux et glissant à cause de la masse des algues. L'accès à l’île demande quelques minutes de marche sur des petits rochers et galets… Pour les simples promeneurs que nous sommes, il va falloir voyager entre certitudes, suppositions et légendes ...Vous-y êtes ? Alors accrochez-vous car ... VOICI LA MAGIE DE CARN !

LE MYSTERE LEGENDAIRE DU ROI MARC’H

Sur l’île CARN, le roi MARC’H vivait dans un très beau château, mais de manière un peu retranchée, à dire vrai … Il cachait un secret ! Le secret de ses oreilles … qu’il avait en forme d’oreilles de cheval (« marc’h » en Breton signifie «étalon/cheval »), et il ne voulait absolument pas que cela se sache ! Aussi avait-il fait creuser des tunnels souterrains partant de l’île pour rejoindre Croas Ar Reun ou Lestremeur (selon des sources de ploudalmézéiens encore vivants) : à chaque fois que l’envie prenait au roi de se faire tailler la barbe, ses gens utilisaient les tunnels secrets pour aller quérir un barbier sur Ploudalmézeau et ses alentours … une fois le travail accompli, le barbier était sacrifié pour ne pas qu’il puisse révéler que le roi avait des oreilles de cheval !!! Un jeune barbier du village de Penn Ar Pont (voir circuit 1), Losthouarn décida d’aller proposer ses services au roi : il embarqua depuis son village avec 2 complices jusqu’à CARN. Après avoir abordé, le jeune barbier demanda à ses 2 copains de l’attendre, et il rejoignit le château. Le roi MARC’H accepta volontiers l’offre et en fut d’autant plus satisfait que le jeune barbier s’avéra être un orfèvre dans l’art de la taille de barbe (il n’y avait pas à l’époque ce cylindre tournant chez nos coiffeurs qui indique cette spécialité). Le roi était aux anges tant le barbier était habile et méticuleux et alors qu’il le félicitait, c’est l’instant que choisit notre barbier pour faire déraper son coupe-chou et trancher la gorge du roi criminel … Notre jeune barbier prit ses jambes à son cou, rejoignit ses complices et ils voguèrent se réfugier à Penn Ar Pont ! Depuis il n’y a plus eu de disparition de barbier dans la région !!! Mais ceci serait trop simple … En effet, pour d’autres, les gens du roi – commandés par un borgne – recherchaient autour de l’île Carn, les meilleurs goémoniers, autant capables de tailler avec très grande précision les algues que les barbes…Repéré, le goémonier Talok, aîné de Marc’h, Jeunig et Loskouarn, fit procéder à un tirage au sort pour savoir lequel irait jusqu’au roi … et c’est donc Loskouarn qui hérita de la lourde tache … il arriva au château sous bonne escorte et une fois le roi prêt pour le rasage il lui trancha la tête avec sa faucille … le borgne ôta alors la couronne du roi pour la mettre sur la tête de Loskouarn, devenant le nouveau roi de Carn … Et pour compliquer la légende, si d’aucun affirme que le tunnel secret va jusqu’au Cap Horn, l’autre affirme qu’il était destiné aux futures épouses de Tréompan qui, la veille de leurs noces, devaient emprunter ce tunnel pour rejoindre la chambre du roi pour une nuit … malgré tout, nous sommes sur Carn et chacun, l’imagination aidant, choisira sa légende ... (sources : habitants de Ploudalmézeau, et aussi « Le roi Marc’h aux oreilles de cheval » du Professeur G. MILIN – 1991 – qui relate les recherches de l’Abbé ARZEL vers 1850, époque où les ecclésiastiques faisaient partie des « sachant écrire », et encore « L’Ile Carn » éditions CREAPHIS ...).

LE MEGALITHE le plus ancien au monde, ou presque !!!!

L’année de ses 20 ans, Yves COPENS (découvreur bien plus tard de la célèbre Lucy, plus vieux squelette humain découvert au monde), qui était encore jeune étudiant (dont une collègue de promotion vit aujourd’hui à la maison de retraite Alexis Julien à Ploudalmézeau), fit partie de l’équipe du Professeur GIOT qui procéda aux fouilles: dans ce mégalithe, des objets funéraires furent découverts mais pas d’ossements, ce qui peut s’expliquer par le mode d’inhumation, le climat (aucune comparaison possible avec l’Egypte), et surtout le milieu granitique n’offrant aucune chance de conservation… en revanche des charbons de bois permirent, en cette année 1954, d’effectuer une datation au carbone 14 … résultat … - 4200 ans … à 2-3 siècles près ... en gros, 2000 ans plus tôt que les célèbres pyramides pharaoniques … A cette époque, le cairn de l’Ile Carn était donc le plus vieux mégalithe daté au monde (mais aussi le premier daté avec cette méthode…) … Depuis d’autres datations ont été effectuées et nos voisins de St Pabu sont fiers de pouvoir avancer que les cairns découverts sur les îlets en face de chez eux sont plus anciens de 200 ans environ … Soit à combien de siècles près ? Comme le souligne l’archéologue Hubert ARZEL, il y a d’autres cairns, sur les îlets en face de Tréompan (au moins un sinon deux sur ROSSERVO par exemple) … mais y faire des fouilles, difficiles, n’apporterait aucune information supplémentaire. Laissons en paix ces lieux … Il est vraisemblable que des « vivants » y ont habité, le temps de la construction de la sépulture… mais à Carn, l’édifice a suffisamment été masqué – ou respecté – pour que les siècles suivants, les « pauvres » ne s’abritent pas chez les morts, comme cela a pu être vérifié ailleurs.

Maintenant que vous êtes en haut de l’Ile Carn, quelle est votre hauteur par rapport au niveau de la mer ? Eh bien 12 mètres, ce qui correspond à peu près à la hauteur d’un immeuble de 3 étages (+ rez-de-chaussée).

Prenez le temps de regarder le paysage autour de vous car il est incomparable, totalement différent de celui que l’on peut observer depuis la côte… Imaginez simplement qu’à l’époque de la construction du cairn, l’île était reliée au continent et que des forêts l’entouraient comme le confirment les découvertes de troncs pétrifiés à ses alentours (ormes, chênes…)… imaginez simplement car là vous êtes réalistes ...


Retournons vers la plage, celle qui est en face de vous, aujourd’hui appelée plage de Carn et qui était encore surnommée il y a une quarantaine d’années la « plage aux vaches ». On sait par exemple que lorsqu’il y avait des difficultés à trouver des pâtures, on amenait des vaches brouter sur l’île de BEC (circuit 1). Et peut-être en était-il de même pour ici ? tout comme sur l’Ile CARN via une location ...Notre balade va continuer sur le sable, en partant à droite (quand on regarde la dune) pour rejoindre Port Geoffroy. C’est le moment de remonter sur la dune en empruntant donc le sentier côtier réservé aux piétons.

PORT GEOFFROY était encore jusqu’au début du XX° siècle l’une des quelques grèves où l’on avait planté des pieux de bois pour y permettre l’amarrage des bateaux : les embarcations étaient attachées, par devant et par derrière à ces poteaux : ce système s’appelait l’embossage et Port Geoffroy était le seul port ainsi équipé sur Ploudalmézeau. 

D’ici et jusqu’à Porsguen regardez bien les rochers et imaginez les noms que l’on aurait pu leur donner … Si le nom du rocher de « la tortue » a mis tout le monde d’accord (encore que sous un certain angle on verrait la tortue en haut et une tête de sphinx devant) , que pensez-vous des autres, sans appellation officielle ? N’y verriez-vous pas celui de l’escargot, d’un Cyrano au nez bien célèbre ?

En poursuivant notre cheminement côtier jusqu’à PORSGUEN (et son rocher Ile de Pâques) … nous allons parler de mini-jupe ! Cette plage a été mise en avant lors des tempêtes de 2015 par une vidéo montrant un couple de personnes âgées, emporté par les flots et secouru par un passant … Dans les années 60-65 , pendant les étés, les gosses attendaient avec impatience le goëmonier Fanch Kam « François le boiteux » qui venait chercher avec sa charrette les chargements d’algues apportés par des bateaux, mais aussi le revendeur de glaces qui débarquait sur la plage avec sa 2CV transformée en pick-up sur l’arrière de laquelle trônait un magnifique parasol et une grosse glacière : les deux équipages avaient pour caractéristique de ne pas réussir à remonter le chemin de terre pour sortir de la plage, sans l’aide de « pousseurs » et tous les gamins donnaient un coup de main pour aider le cheval de Fanch ou la voiture du glacier (malgré ses « deux chevaux »).


Avant d’accéder à la plage contemplons bien ce paysage … ce panorama, source d’inspiration et de tranquillité, est celui qu’a d’ailleurs choisi le célèbre couturier-parfumeur Paco Rabanne pour y chercher de nouvelles inspirations créatives. N’oublions pas qu’il fut le premier couturier à faire défiler des mannequins hommes et qu’il a un rôle primordial dans la promotion de la mini-jupe : ce fut une véritable révolution dans la mode vestimentaire au milieu des années 60. Au coeur d’un mouvement féministe naissant, la styliste anglaise Mary QUANT lui donna un nom (elle décida de l’appeler « mini » de part le côté court de la jupe et parce qu’elle était très fan de l’AUSTIN MINI). De son côté, le grand couturier français André COURREGES créait dans le même temps des mini-jupes dans un style futuriste tandis que Paco RABANNE l’habillait avec du métal, du plexis glass, du rafia associés à des matières précieuses (or, argent, diamants). Il créa ainsi une mini-robe pour Françoise HARDY ou encore Brigitte BARDOT avec des plaquettes d’or et des gros diamants (voir photo ci-dessous).


À propos de Paco Rabanne, si vous avez l’occasion de participer à la fête des fleurs, organisée tous les ans à Ploudalmézeau par les « Amis du Moulin Neuf » (week-end de la Pentecôte), où la rose est reine, reconnaîtrez-vous celle à qui il a donné son nom ?

L’accès à la plage est plus facile en contournant la petite maison sur la dune pour descendre par le chemin désormais bétonné. La descente directe depuis la dune est un peu « scabreuse » notamment à marée haute. Une fois sur la plage on remarquera l’enrochement rendu nécessaire pour lutter contre l’érosion de la dune. Remontons sur la dune (côté gauche quand on regarde la mer) pour retrouver le sentier côtier et se retrouver 200 mètres plus loin face au le phare de Corn Carhai (tourelle de 20 m de haut à 3 éclairs blancs) … à droite, sous les flots, « repose » la carcasse métallique de l’AMOCO CADIZ … c’était en 1978 … le 16 mars … le super tanker s’échouait sur les rochers juste là, devant vous, provoquant à l’époque la plus grande marée noire au monde causée par le naufrage d’un navire. 220.000 tonnes s’échappèrent de l’épave, souillant 350 km de côtes, tuant 260.000 tonnes d’animaux … 2.000 personnes participèrent au nettoyage du littoral et ce n’est qu’en 1992 que les élus locaux emmenés par le Sénateur-Maire de PLOUDALMEZEAU, Alphonse ARZEL eurent raison devant le tribunal américain qui condamna la société Amoco.


En poursuivant le sentier côtier vous arrivez face à l’Ilet de Line GOUN (voir photo ci-dessous) et sa toute petite plage à gauche, qui a retrouvé son sable blanc. Nous arrivons au terme de notre promenade. Pour le retour vous pouvez aussi suivre le bord de route si la marée vous interdit le passage par les plages (parcours plus court).